MATISS-4 : une expérience à bord de l'ISS
L’expérience MATIS-4, pilotée par Laurence Lemelle, va être déployée par Sophie Adenot à bord de la Station Spaciale Internationale pour traquer la contamination.
MATISS vise à étudier la biocontamination dans le module Colombus, où les surfaces sont plus ou moins simples à nettoyer ! © NASA/ESA
Le 13 février 2026, la fusée Crew Dragon 12 (SpaceX) a décollé avec succès, emportant l’astronaute française Sophie Adenot qui va déployer l’expérience MATISS-4, pilotée par Laurence Lemelle (CNRS, LGL-TPE, ENS de Lyon) et dont le montage a été développé par le service d’ingénierie mécanique du LPENSL (réalisation de Denis Le Tourneau).
Prévenir la biocontamination dans l’espace
À bord de la Station Spatiale Internationale, les astronautes vivent dans un espace très confiné… et comme partout, des microbes peuvent s’accrocher aux surfaces. Concrètement, ce projet étudie les surfaces intelligentes en micropesanteur pour prévenir les biocontaminations dans la Station spatiale internationale (ISS). Il compte parmi les nombreuses expériences qui étudient des stratégies visant à limiter la biocontamination des surfaces, un enjeu majeur pour les vols habités de longue durée afin de préserver la santé et le temps des astronautes.
« Dans l’expérience MATISS menée entre l’ENS de Lyon, le CNES et le CNRS, nous analysons la contamination se propageant par voie aérienne sous forme de bioaérosols, explique Laurence Lemelle, chargée de recherche CNRS qui pilote le projet au sein du laboratoire LGL-TPE. Après avoir montré que les surfaces de l’habitacle du module Columbus sont globalement maintenues propres, tout en révélant une biocontamination cumulative non négligeable sur le long terme et l’effet de certains traitements de surface, MATISS-4 vise à caractériser plus finement la morphologie, la composition et l’environnement immédiat des dépôts micrométriques sur des surfaces modèles. Ces dépôts seront analysés sur des surfaces de silicium (Silson) par nano-imagerie X au synchrotron européen de Grenoble (ESRF), offrant les meilleures sensibilités élémentaires et spatiales actuelles. »
Un projet évolutif et collaboratif
Une telle expérience repose sur le développement d’un dispositif permettant à la fois la collecte et l’observation de ces dépôts, ce qui implique un travail considérable mené en collaboration avec de nombreux partenaires.
« Je tiens ici à saluer le travail de Denis Le Tourneau, du service ingénierie mécanique du laboratoire de physique de l’ENS de Lyon, qui a su, en collaboration avec les experts en micromécanique de l’ESRF (François Fihman, 6Tec), préserver les fonctionnalités des dispositifs précédents tout en les faisant évoluer pour permettre cette étude », commente ainsi Laurence Lemelle.
Prochaine étape : le déploiement de l’expérience dans la Station spatiale internationale
Elle ajoute que le lancement de Sophie Adenot, astronaute de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), qui assurera les opérations de collecte à bord de la Station spatiale internationale, s’est déroulé avec succès. « Après ce moment de forte émotion, la prochaine étape majeure pour notre équipe sera le déploiement dans l’ISS (Station spatiale internationale) de l’expérience, prévu en avril », précise-t-elle.